TOUCHIS N°4 suite

Pas Réformable,

L’éducation nationale ?

 

P

arfois, je me mets à la place des parents d’élèves :  « Tous ces profs toujours dans la rue, toujours en grève ? Et mon enfant dans tout ça ? »

Pour ma part, j’ai bien écouté les discours de M. Sarkozy qui défend sa réforme : « Qualité ou quantité, je choisis qualité. », a-t-il dit l’année dernière dans son discours à la télé.

De fait, 11 000 postes d’enseignants supprimés en 2008, 13 500 envisagés en 2009.

L’école, c’est certain, ne fonctionnera pas à moyens constants : dans le Primaire, selon les syndicats SNUIPP-FSU, au niveau national, il y a déjà 14 000 élèves supplémentaires ; notre région, notre département du Gard, ne perdent pas d’élèves, contrairement à ceux qui arguent d’une baisse démographique qui justifierait les suppressions de postes.

Mais qu’est-ce que la qualité revendiquée par le Président ?

Comment, dans des classes chargées à 30 élèves, l’enseignant peut-il faire un bon travail ?

Au collège de Saint-Géniès où j’enseigne, voilà la question que je me pose tous les jours.

J’ai en face de moi des élèves de 6ème motivés, travailleurs, qui ont du mal à prendre la parole et qui sont victimes d’un travail de classe très lent, toujours interrompus par des interventions diverses, plus ou moins à propos, et par le brouhaha ambiant, auquel ils participent d’ailleurs parce qu’ils s’ennuient, dés que l’enseignant se détourne d’eux pour s’occuper d’élèves en difficultés. Car les élèves les plus fragiles veulent, et méritent aussi qu’on les écoute. Il est du devoir de l’enseignant de les aider, comme de les empêcher de gêner la bonne marche de la classe, parce que le programme est là, les connaissances à acquérir…

Mais je dois être un mauvais prof, puisque je ne parviens pas à m’occuper pendant une heure de 30 élèves à la fois. A l’heure où l’autorité fait un retour exacerbé, on peut me reprocher de ne pas instaurer une discipline de fer dans mes classes…alors même que les enfants d’aujourd’hui ne sont plus élevés dans cet esprit. De toute façon, je préfère à l’autoritarisme un respect réciproque, affaire de vue…

Et le soutien,  promis aux parents pendant la campagne électorale ?

Sauf en 6ème, il a peu à peu disparu de l’emploi du temps des élèves, sinon les établissements comme le nôtre ne pouvaient même pas assurer les heures de cours obligatoires : finies les heures de soutien aux élèves en grandes difficultés, l’aide en français, sauvée de justesse l’heure de soutien en mathématiques en 3ème, oubliée l’heure qui nous servait à travailler l‘orientation avec les élèves, ainsi que les itinéraires de découverte qui permettaient des projets spécifiques pour les élèves, disparue la 4ème « aide et soutien », la 3ème de découverte Professionnelle menacée de se faire, dans le meilleur des cas, avec des effectifs pleins comme c’est le cas partout ailleurs.

Ce soutien est désormais relégué « après la classe », au détriment des heures d’enseignement pour les autres élèves. Pour l’école primaire, c’est la bagatelle d’une année scolaire qui est ainsi supprimée. Au collège de Saint Géniès le soutien ne s’est pas organisé, faute de professeurs volontaires et j’en fais partie. Personnellement j’adore mes élèves, j’essaie de faire au mieux dans mes classes, mais il n’est pas question que je paye par deux fois les « pots cassés » de nos mauvaises conditions de travail. Ce que je revendique : Pouvoir m’occuper de tous mes élèves pendant mes cours à travers des effectifs limités.

Et la réforme en cours qui touche le lycée ? Pourquoi s’est-elle heurtée à tant de résistance de la part des lycéens eux-mêmes, et de leurs parents ?

Beaucoup ont compris que c’est une coquille vide qui se soucie surtout des modalités d’enseignement et non plus des contenus. Au lycée général et technologique, on veut mettre en place des modules sur le modèle des universités, en n’hésitant pas à supprimer des enseignements dans le cadre d’un parcours à la carte, tout cela au nom de l’autonomie des élèves. Ainsi donc, les lycéens pourraient être moins encadrés alors que les collégiens devraient subir une autorité accrue de la part de l’institution ?

La vacuité de ces réformes, qui ne servent qu’à faire des économies sans se soucier de l’intérêt de l’élève et de la qualité de l’enseignement qui lui est proposé, est visible surtout au lycée professionnel, où dès la rentrée prochaine les BEP n’existeront plus et seront remplacés par des BAC professionnels, à la différence près que le cursus se fera en 3 ans après le collège au lieu de 4 pour le même diplôme. Débrouillez-vous les élèves, débrouillez-vous les enseignants.

Prôner la quantité au détriment de la quantité est bien un mensonge honteux  destiné à cacher le désengagement de l’Etat dans l’Education, au détriment des élèves en difficultés qui ne trouveront plus dans l’Ecole publique de structures adaptées, tandis que les élèves sans problème verront leur offre de formation diminuer comme  peau de chagrin.  « Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage. » : lorsque de telles méthodes sont employées par nos gouvernants, quand la démagogie fait son entrée à l’école, oui, les enseignants sont en colère !

Pas réformable l’Education Nationale ? Bien sûr que non si le but est de rendre l’Ecole de la République indigente pour mieux la laisser au privé.

A quand de vraies réformes, ambitieuses, qui se soucieraient du devenir de nos jeunes, et qui allieraient la qualité à la quantité ?

Christine Jouve_Munoz

Autres façons de voir : KEYNES, économiquement correct, économiquement incorrect ?

 

K

eynes, cet économiste et philosophe du début  du siècle dernier, a une réputation de libéral, toutefois ses positions peuvent à mon humble avis, intéresser, en ces temps de crise : Il a défendu un certain Etat-Providence, contre l’Etat-Gendarme, qui se cantonnerait aux seules fonctions de la justice, de la police, de l’armée.

 

Ainsi a-t-il proposé un véritable aménagement du capitalisme dans le but de relancer la machine économique tout en respectant une certaine morale :

1)     L’Etat en s’endettant donnera du travail aux entreprises.

2)     L’Etat doit accroître la masse monétaire en circulation, donc augmenter les salaires.

L’Etat doit veiller à une meilleure répartition des richesses en redistribuant l’épargne des riches vers les ménages les plus pauvres qui ont une forte propension à consommer afin d’améliorer leur quotidien.

Keynes, bien sûr, n’est pas Marx, mais ses idées méritent d’être considérées, et peuvent nous aider à sortir du capitalisme sauvage ! D’ailleurs, les spéculateurs, aujourd’hui, qui se réfugient dans le giron de l’Etat-Providence pour éviter la noyade, l’ont bien compris !

Christine Jouve-Munoz



 

A qui profite la crise ?  A qui profite le crime ?

 

 

S

i nous pouvions remplacer le mot crise, par quel mot pourrions nous le remplacer ?

Force est de constater que nous vivons dans un système monétaire international. Celui la même qui, au nom de le nécessaire adaptabilité des entreprises aux lois du marché, délocalise leurs productions respectives pour mieux assouvir la soif des actionnaires. Cette stratégie amène son lot de licenciements (Jallatte, Perrier, Well, Compagnie de le Mont Lozère etc.) alors même que ces entreprises dégagent des profits.

Cette vision ultra libérale a des conséquences dramatiques pour des milliers de femmes et d’hommes dont le sens de la vie est de travailler pour vivre. Dans ce système, l’argent est le nerf de la guerre. Cet adage devrait s’appliquer à tous, pas seulement aux actionnaires qui spéculent sur le dos des salariés avec la bénédiction de nos gouvernants, élus libéraux et sociaux libéraux, mais aussi aux personnes qui ont de plus en plus de difficultés à trouver un emploi, un logement à accéder aux soins, à l’éducation, à la culture et bien d’autres droits fondamentaux qui permettent de vivre décemment. Je rappelle que la première loi abrogée par les députés U.M.P en 2002 au nom de la liberté d’entreprendre,était la loi Hue qui rendait les licenciements boursiers plus compliqués à réaliser.

Qui n’a pas entendu que l’économie de marché s’autorégule d’elle-même ? Basée sur la confiance, la bourse ressemble d’avantage à la confiance du cocu !

Dernièrement les quinze chefs d’état et de gouvernements de la zone €uros déclaraient unanimement : « Nous ne confirmons notre engagement à agir ensemble d’une manière décisive et globale afin de rétablir la confiance et un fonctionnement normal du système financier, dans le but de rétablir des conditions efficaces de financement de l’économie » (extrait de la page d’accueil orange du 12/10/08). Tout est dans le choix des mots, qui cherche t-on à rassurer le nanti ou le citoyen lambda ?

La façon dont les médias traitent de la situation est une honte et démontre à quel point notre démocratie et en danger. Depuis de nombreuses années les profits boursiers explosent. Où est passé l’argent ? Après avoir été licenciés, nous allons encore nous serrer la ceinture ! La crise du capitalisme est utilisée pour nous faire courber l’échine, n’en doutons pas. Les Français, en votant Sarkozy se sont trompés… C’est sûr !

Nous, Communistes, avons des idées, des propositions. D’autres choix politiques sont nécessaires et indispensables. Si le PCF avait eu la majorité aux dernières élections, ensemble nous aurions appliqué une autre politique. Notre parti, le PCF est la troisième formation politique dans ce pays. Savez-vous pourquoi, on ne parle jamais de nous dans les médias ?

Gilles Bruneau

 

Une chasse populaire et

démocratique !

 

U

ne chasse populaire et démocratique, héritage de 1789, qu’en est-il en 2008?.

Certaines directives, et autres rapports de Frédéric Nihous (CPNT), ne m’inspirent guère. L’ex-candidat à la présidentielle propose quinze mesures, dont une toute particulière concernant cette activité. Cette mesure favorise les chasses privées par le développement du « tourisme chasse » au détriment des acteurs locaux comme les sociétés communales et l’ACCA.

Autre sujet polémique, le bien être animal, vaste sujet… le chasseur doit se poser la question, quels intérêts, quelle théorie servent nos gouvernants, et n’ont-ils pas d’autres priorités que le respect du gibier ?

Autre motif de controverse, les périodes de chasse aux migrateurs et gibiers d’eau, l’accord signé le 26 juillet entre certains chasseurs et les écologistes sous l’égide du Ministère de l’écologie, laisse un goût amer aux chasseurs de sauvagines qui n’ont depuis cessé de manifester, pour exemple : une dérogation accordée à ceux de l’Hérault pour la chasse de la foulque, exception qui ne bénéficiera pas aux voisins gardois.

Le Sénateur Communiste Gérard le Camm, ancien administrateur de la Fédération des Côtes d’Armor interrogé sur la question sensible des périodes de chasse aux migrateurs et gibiers d’eau, a estimé que rien ne devait justifier une nouvelle réduction de période de chasse. Il a souligné la nécessité pour le législateur, de veiller à la pérennité des structures, telles que les associations communales qui garantissent une chasse populaire et démocratique. Elle regroupe l’essentiel des chasseurs.

Une gestion équilibrée, le partage des territoires, un permis plus accessible (prix de revient d’une saison environ 600€), une meilleure collaboration entre scientifiques et chasseurs, cette activité doit sortir de son enfermement pour permettre aux chasseurs d’être des acteurs respectés parce qu’utiles à l’environnement..                 

Daniel Martin