Première édition du Journal des Communistes de la Gardonnenque


« Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner »

http//pcf-gardonnenque.overblog.com  N°1 Juillet/Août           pcfgardonnenque@hotmail.fr

 

Editorial

 « Touchis » : pourquoi un tel titre pour un journal du 21eme siècle ? Nombre de régionaux attachés à l’histoire savent qu’interpeller ainsi quelqu’un est stigmatisant, péjoratif. « Touchis » en langue d’Oc, « tuchins » en français désignent communément, les brigands, les bandits de grands chemins, les coupeurs de bourse…, ceux qui n’avaient aucune place dans la société, hormis sur l’échafaud. Les Touchis ou révoltés du Moyen Age, comme certains en d’autres temps, s’étaient simplement insurgés contre le trop lourd fardeau de l’impôt et du despotisme féodal, clérical et royal.

Les Touchis ne sont pas de ceux qui se mettent en touche, en marge, non ! Ils s’organisent, se battent, pensent à inventer une société nouvelle, solidaire et juste. Remettre en question la hiérarchie, l’ordre établi est dangereux, le mouvement sera brutalement réprimé. Ces « Jacques » qui arboraient déjà le drapeau rouge rêvaient d’un monde meilleur. Notre histoire est jalonnée de combats, de luttes pour l’émancipation. Cet esprit d’insoumission, fil rouge de la révolte et

des conquêtes sociales, qui entraîna les touchis, camisards, sans-culottes, maquisards, résistants et autres militants pour la libération des peuples, a servi à construire notre identité et l’esprit révolutionnaire qui nous anime.

Faire référence au passé ne suppose pas que l’on ne porte pas d’analyse sur la situation actuelle et sur l’avenir. Notre histoire est à la fois riche et tragique. Si nous voulons mieux appréhender le mouvement social, il nous faut savoir prendre du recul. Nous faisons nôtre cette pensée de Goethe : « Ceux qui ne comprennent pas le passé, sont condamnés à le revivre ». Ce n’est pas par nostalgie et nationalisme que nous avons imprimé sur le bandeau de notre journal la faucille et le marteau, emblème du prolétariat et de la paysannerie, et la croix occitane, symbole de notre culture, c’est simplement par attachement à ces femmes et ces hommes qui à travers les siècles ont su résister aux dictatures.

Communistes, fidèles à nos engagements, nous sommes toujours présents et actifs dans les luttes et les mouvements sociaux qui nous opposent à l’oppression capitaliste.

Internationalistes, nous œuvrons pour un monde meilleur, solidaire et pacifiste.

Ce journal n’est qu’un outil supplémentaire pour mieux lutter contre le dictat des grands médias et de la pensée unique. Les articles, les analyses que vous lirez dans ces colonnes seront majoritairement issus de l’imagination et du vécu de militants communistes. Néanmoins, si vous souhaitez faire un commentaire, rédiger un article, vos écrits seront les bienvenus (racistes, fascistes, libéraux et autres réactionnaires s’abstenir).

Ensemble, soyons le grain de sable qui grippera les rouages de la machine capitaliste.

Bernard Vire


Le Contrat Social

 

Le Bonapartisme dont semble atteint le chef de l’état est-il une affection personnelle ? Pour une part sans doute, et il faut lui reconnaître une certaine prédisposition mais est-ce suffisant. Il y a bien présidentialisation mais quel est l’enjeu ? La démocratie, c’est la prise en charge de toutes les choses publiques. Le peuple, écrivait Rousseau est souverain. C’est de cette souveraineté que Nicolas Sarkozy, comme ceux qui ont élaboré le projet de réforme institutionnelle, entend déposséder le peuple, (en tirant argument, comme il l’a fait au long des mois), légitimé par ses 54%de mai 2007, pour faire passer les dossiers les plus chauds, bien souvent après un simulacre de négociations. Par ce projet de réforme, il entend faire de son fait, toute décision majeure. Par un étonnant mélange de peopolisation, d’étalage de la vie privée du Président, les véritables choix de son gouvernement sont masqués avec le soutien d’une majorité chargée de la boucler.

Cette tendance n’est pas propre à la France. La mondialisation, telle que nous la vivons n’a rien à faire des peuples. Les multinationales, les grands groupes qui veulent régler la planète, n’ont pas besoin de citoyens prenant en mains leurs affaires et celles du monde, leur but n’est pas le bien commun, mais le profit. La République les insupporte et nos gouvernants ne veulent que sa dépouille. Le contexte sert aux politiques sécuritaires, aux démagogies xénophobes à souder dans un même populisme ceux-la mêmes qu’on abuse.

Le coup de force sur les OGM, n’est pas une anecdote, il relève pleinement de cette logique, car là où il y a résistance, il faut passer outre en s’essuyant les pieds sur la représentation nationale.

La chute spectaculaire de popularité de Nicolas Sarkozy en atteste et du même coup si le Roi n’est pas sûr de sa politique et perd ses voiles, la majorité renâcle.

C’est sur le fond de sa politique que le pays doit se mobiliser. Il faut autre chose pour empêcher la hausse du gazole, la baisse du pouvoir d’achat, les délocalisations. Il faut du courage pour s’attaquer aux puissances d’argent, à la course aux dividendes et donner de nouveaux pouvoirs aux salariés. Il faut croire en la démocratie. De toute évidence le président de la République ne s’est pas fait élire pour cela. Sa politique s’inscrit en faux et rompt avec le contrat social.

Gérard Moumard


Quelle Ecole aujourd'hui… pour quelle société demain ?

 

Nous vivons une époque formidable où nos plus hauts responsables sont prêts à tout et surtout à n'importe quoi pour nous faire avaler leurs couleuvres pourvu que le ton soit bon, que le gestuel soit adapté, que l'image soit bien cadrée, bref pourvu que le paraître l'emporte sur la raison. Et peu importent la mauvaise foi et les contre vérités, il s'agit avant tout d'affirmer sans justifier, de convaincre sans prouver, de mentir sans rougir tout en continuant pour autant  à se raser sans se tailler…

Ainsi, le Président de la République et son premier Ministre se donnent beaucoup de mal pour expliquer le "coût" des fonctionnaires et la nécessité de diminuer leurs effectifs, le coût des retraites et la nécessité d'allonger les cotisations des salariés.

Dans l'Education Nationale, le Ministre Darcos n'a de cesse de s'interroger sur le coût des écoles, des collèges et des lycées du pays, sur la lourdeur des horaires des élèves qu'il faut vite alléger, sur l'offre d'enseignement bien trop vaste et si peu "rentable", sur l'intérêt de telle ou telle matière, sur l'opportunité d'orienter les élèves au gré des demandes des entreprises locales, sur le carcan de la gestion collective des personnels, sur la nécessité de promouvoir le mérite individuel et l'autonomie des établissements scolaires…

Mais quelles sont, en vérité, les orientations idéologiques et la stratégie politique qui sous tendent de tels propos volontairement populistes? 

Pour ma part, je les classerais en trois catégories:

La tactique adoptée:

Si bien rodée lors de la campagne des présidentielles par le candidat Sarkozy, elle consiste à diviser la population en affirmant sur tous les sujets que le mal-être des uns est indéniablement dû à aux profiteurs planqués que sont "les autres". Ainsi en matière d'Education, oser le scandaleux mensonge (déjà testé par Allègre en son temps) que nos pauvres enfants croulent sous le poids du travail tandis que chaque prof n'encadre que 11 élèves et que 23 000 enseignants restent chez eux participe de cette stratégie de division entre personnels et parents par exemple.

L'objectif comptable affirmé:

De 2003 à 2007, ce sont 25000 postes d'enseignants qui ont été supprimés en France. Pour la prochaine rentrée décision est prise d'en supprimer 11200 de plus en un an, enfin, d'ici 2012 l'objectif du gouvernement est clairement affiché: moins 80 000 !!! La voilà, la réalité du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux dans l'Education, le voilà, le point de départ évident des remises en question du système: c'est à Bercy qu'il faut le chercher. Comme vous le savez, le Gard est lourdement touché par cette saignée puisque, par exemple, 20 postes sont supprimés dans les collèges du département pour 300 élèves de plus, puisqu' encore 3 postes et une classe de 6ème seront supprimés au collège de Saint Géniès de Malgoirès alors qu'au moins 15 élèves sont attendus en plus !

Le choix de société pour demain:

De mon point de vue, il s'agit là de l'aspect le plus dangereux du discours gouvernemental actuel car la volonté est extrêmement grande de renoncer à l'Education égalitaire pour tous et partout sur le territoire. La notion même "d'égalité des chances" masque mal le désir d'en finir avec l'école "ascenseur social" et montre l'envie forte de cette droite ultra-libérale de tordre le cou à l'idée que nous portons que "tout enfant est éducable" et à la volonté qui est la nôtre de donner les moyens à l'Education pour transformer l'essai et réussir, après la phase de "massification" des années 1985-1995, la phase de "démocratisation" en matière de formations terminales et d'élévation des connaissances pour le plus grand nombre. S'il est vrai que ce pari n'est pas encore gagné, il est tout aussi évident que de sa réussite dépend la structure de la société de demain que portera la jeunesse d'aujourd'hui or, la notion de "chance au départ" ne vise qu'à culpabiliser ceux qui n'auraient pas su la saisir.

Au PCF, nous souhaitons que soient mises en débat les raisons de cette stagnation des résultats du système éducatif depuis les années 90 et ce avec l'ensemble des acteurs des communautés éducatives et leurs organisations syndicales pour évoquer le fond des questions sans renoncer aux objectifs ambitieux qui, plus que jamais doivent être ceux que se doit d'afficher une société de progrès digne de ce nom.

Au lieu de cela, il est clair que le gouvernement actuel fait le choix de pointer du doigt les difficultés pour amplifier les inégalités devant le savoir, pour remettre en cause le principe même de l'école commune. En effet, comment pourra-t-il en être autrement en supprimant l'équivalent d'une année complète de scolarisation sur huit pour nos enfants dans les écoles primaires, en n'accordant le droit aux collégiens de ne bénéficier d'enseignements "optionnels" que lorsque le fameux "socle commun minimum" sera acquis, en interdisant tout dédoublement dans les classes surchargées, en incitant les publics les plus en difficulté à quitter les voix générales ou professionnelles pour trouver, à travers l'apprentissage, une hypothétique "formation tout au long de la vie". ?

Non, de telles méthodes ne doivent tromper personne, il s'agit bien là d'un renoncement politique volontaire et d'un désengagement tout aussi évident de l'Etat face aux enjeux éducatifs fondamentaux auxquels une société solidaire digne de ce nom se doit de répondre aujourd'hui, afin que la jeunesse de notre pays puisse porter demain, dans sa très grande diversité, les valeurs de fraternité et de tolérance sans lesquelles la jungle et l'exploitation des plus faibles a toujours libre cours.

Thierry Jouve

 

 

INTERCOMMUNALITE :

 

 

Les élus communistes et Républicains interviennent et font des propositions.

Sur mon initiative, s’est tenue le 7 mai à Domessargues une réunion sur l’avenir de nos communautés de communes.

Les différentes lois et notamment celle du 12 juillet 1999 actualisée le 2 juillet 2001 ont conduit à la création des différentes structures de coopération intercommunale que nous connaissons aujourd’hui.

Après quelques années de rodage pour la plupart d’entre elles, les intercommunalités en Gardonnenque peuvent tirer un premier bilan et réfléchir aux évolutions à venir.

Les élus communistes, et notamment les parlementaires, ont combattu ces formes de coopération qui s’apparentaient selon eux davantage à une « supracommunalité » plutôt qu’à l’expression commune et démocratique des préoccupations et des besoins des collectivités locales, notamment des communes rurales.

Nous avons longtemps souhaité que les moyens accordés au départ, pour inciter à cette démarche, le soient en direction des structures existantes qui avaient fait  leurs preuves, telles les syndicats intercommunaux !

Dans notre secteur se sont créés des communautés de communes dont nous pouvons bien mesurer aujourd’hui que les périmètres n’avaient pas forcément la plus grande des cohérences.

Leur existence fut souvent le résultat de débats et échanges entre élus, ignorant souvent par ailleurs l’indispensable intervention citoyenne des habitants, qui auraient dû pouvoir donner leur avis.

Sans doute n’en serions nous pas à cet état, avec des structures qui aujourd’hui connaissent des situations très diverses, et pour certaines manquent cruellement de moyens (les dotations d’Etat s’effritant).

Elles ne peuvent dans ces conditions répondre totalement aux attentes légitimes des populations dans leurs différents domaines de compétences.

La volonté politique du gouvernement dans le cadre de sa politique de rigueur budgétaire et de transfert de charges en direction des collectivités locales est de pousser à la recherche d’économies structurelles de gestion, en favorisant notamment l’intégration du plus grand nombre dans les communautés d’agglomérations.

Nous n’échappons pas à cette démarche qui même si elle est menée discrètement, n’en est pas moins réelle de la part des agglos de Nîmes et Alès qui souhaitent récupérer dans leur périmètre certaines communautés rurales.

La proposition de créer une grande communauté rurale entre Nîmes et Alès, qui constitue « le cœur du Gard »,  répond à ce défi qui consiste à résister à une intégration forcée, pour des communes rurales qui ont tout intérêt à travailler ensemble, à partir de leurs préoccupations et spécificités.

Nombre d’élus, partagent aujourd’hui ce sentiment et sont sensibles à cette proposition, mais il va de soi que l’intervention citoyenne aidera à avancer et sera même déterminante pour faire avancer cette question.

Les débats vont se poursuivre, mais encore une foi, en ce qui concerne les éventuelles évolutions, vous pourrez compter sur les élus communistes pour défendre l’intérêt général et celui des populations de nos cantons ruraux.

Bernard Clément

Maire de Domessargues

Président de l’association des élus communistes et républicains du Gard (A.D.E.C.R)

 

 

Directeur de la Publication

Bernard VIRE

Rédactrice en Chef

Elisabeth BOUCHU

Touchis

Journal politique

Bimestriel

 

Conseil de Rédaction

Gilles Bruneau

Bernard Clément

Christine Jouve-Munoz

Thierry Jouve

Daniel Martin

Monique Martin

Gérard Moumard

Florian Vire


Cercle Pellet

Rue de la Tournelle

30190 Saint Géniès de Malgoirès

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :