Constat d’un jeune militant communiste en 2011 ,

Publié le par Section de la Gardonnenque du PCF


Aux copains de saint chaptes :


Un grand merci aux candidats Christine JOUVE-MUNOZ et Michel TRIBES ainsi qu’aux militants du Front de Gauche de la Gardonnenque : Marceau FRICON, Aliette TRIBES, Gilbert PUCHERAL, Gérard MOUMARD, Gilbert GRANDJEAN, Jean-Paul PRADEILLES, Michel et Monique MARTIN, Michel GRACIE de Saint LOUIS, Ginette COMBE, Simone PELLET, Henri BERTHET, Eddy IDRI, Damien JOUVE, Nicolas  VIRE, Claude DOUSSIERES, Daniel MARTIN, Thierry JOUVE, Elisabeth BOUCHU, Bernard VIRE  (désolé si j’en oublie) pour cette campagne menée avec intensité et rigueur. Elle symbolise le Front de Gauche tel que je l’idéalise autant dans le fond (échanges ouverts et rigueur de l’argumentaire politique que dans la forme (présence collective, devoir de faire ensemble, solidarité entre militants et convivialité) . Un front auquel je crois plus que jamais.

 

Au PCF (département, région ou à ceux qui n’ont de communiste que le nom) :
En tant que jeune militant je constate après 7 années de militantisme dont 3 très engagées, qu’il est difficile d’être intégré, écouté, et considéré dans ce Parti au sein duquel, paradoxalement je ressens très peux les valeurs de fraternité et de solidarité. Face à certains anciens camarades, « sont-ils majoritaires ?», nous, jeunes, avons l’impression qu’il faut faire part de son CV de militant pour légitimer une idée ou une simple parole. Je comprends que passer de 25% à 2% puisse générer un repli sur soi et une grande méfiance. Mais, à l’inverse, commencer à 2%, avec un passé et une histoire « lourde » qu’il faut savoir dissocier et défendre face aux gens, demande beaucoup de courage.

 

De plus pour ces mêmes personnes, la priorité est la survie du parti. Mais vous remarquerez qu’il n’y a plus de jeunes à part quelques jobards comme moi (ou quelques éventuels arrivistes ou carriéristes). Quelle en est la cause ? Dépolitisation de la jeunesse ? Incapacité à trouver un vocabulaire et une forme d’approche appropriée ou le désintéressement réel envers les jeunes ?

 

Alors si les membres du parti ne sont pas capables d’entendre et de faire attention à ses jeunes militants, le PCF n’en sera que plus ridicule face à la jeunesse dépolitisée et il n’existera plus dans l’avenir.
Petit espoir, dans certaines sections, il est possible de créer, avec des plus anciens, des liens de fraternité forts grâce à l’envie réciproque de comprendre l’autre. Ce qui est un vrai accomplissement communiste.

En ce qui concerne l’attitude du parti lors des élections,

 

Toutes ces magouilles de stratégies, toujours dans l’implicite, ces copinages, des directions, de certains élus et hautes instances ainsi que l’atmosphère malsaine, pleine d’animosités et de non dit (lors d’élection…) qui s’en dégage me font honte et me dégoutent. Si les gens savaient…

 

Ce qu’ils savent en revanche, à travers ce discourt parfois lourd et compliqué, c’est l’incapacité du parti à se positionner clairement face au PS en rejetant toutes alliance avec celui-ci pour le second tour tant que nous ne sommes pas la ‘1ere force à gauche’.


Comment les gens qui aspirent à la transformation sociale peuvent se retrouver dans un parti qui critique le PS mais qui à chaque second tour se tourne vers lui ou lui cède la place.
En tant qu’ouvrier je ne voie aucune perspective de changement dans un parti s’alliant avec la social démocratie qui, en aucun cas, ne souhaite attaquer le capitalisme.

Exemple avec le canton de lédignan :

 

Bernard clément à été élu par la section pour une énième participation. Je rappelle les orientations du FDG qui sont : renouvèlement, rajeunissement et féminisation. Certes il n’y a certainement pas dans tous les cantons des jeunes (femmes ou hommes) ayant, pour ne pas tomber dans le ridicule, une certaine expérience politique, prêts à prendre la responsabilité d’être peut être élue conseiller général. Mais, chance pour nous, il y avait Eddy IDRI, 23ans, conseiller municipal du chef lieu de canton (Lédignan pour ne pas le nommer), élue au second tour des municipales avec le plus grand nombre de voix, militant depuis des années au parti et qui était d’accord pour se présenter comme candidat  ou suppléant.


Ceci étant dit, Bernard a été élu par la section, je  lui faisais confiance, jusqu'à son désistement pour laisser la place à un candidat PS (dans une dualité) pour le second tour.
Dans le cas d’une triangulaire ps, Pcf, FN, je comprends bien sûr un désistement de notre parti pour contrer le fascisme.


 Dans une triangulaire Ps, Pcf, droite : quelle grande différence y a-t-il entre le PS et la droite ? Je rappelle un « oui » au TCE (tout comme les verts) en 2005, un « oui » au traité de Lisbonne qui a comme mot d’ordre la concurrence  libre et non faussée ayant comme potentiel futur mentor un Strauss-Kahn, patron du FMI. Alors pourquoi se désister face à ces droites là ?


Et dans un duel PS, PC ? … Je croyais que la question ne se posait  pas !
Mais on m’a expliqué qu’il y avait des traditions !!!


Je me demande Bernard pourquoi tu t’es présenté si c’est pour laisser la place au PS, pourquoi tu t’es présenté FDG avec l’inscription « majorité départementale » ? Tu n’es pas au PS, si ? Que dire aux 700 électeurs FDG de ce canton ? Et la dignité d’Eddy  qui t’a apporté son soutient sur ton quatre pages ?


Pour moi, il est clair que tu (et vous les directions) ne croyez pas au front de gauche !
J’ai l’impression que tout était calculé d’avance pour un éventuel report de vois dans un autre canton.
Ce qui est marrant d’un certain coté, c’est que le PS n’a presque plus besoin du report des voies du PCF pour être élu (a force de se désister et de mener des politiques similaires les gens votes directement pour eux). Depuis la montée d’Europe écologie, le PS à un autre allié et garde fou. D’ailleurs les partisants de cohn-bendit, eux, refusent déjà et refuseront de plus en plus de se désister dans un duel où le FDG serait en face, y compris dans des triangulaires contre la droite. Alors, c’est quoi tous ces calculs ?


Nous sommes doublement perdants : en termes d’élus et surtout en termes de crédibilité face à la population qui croie aux valeurs humanistes.
Je préfère perdre des élus mais être droit dans mes bottes et ne trahir ni mes idées ni les gens qui votent pour elles. D’ailleurs Je ne mesure certainement pas le poids des élus et leur capacité à mettre en place des projets communistes mais ce que je sais au sein d’une majorité socialiste départementale c’est que  Suau est le seul à s’être abstenu sur le vote pour la privatisation des transports publics.


Quand j’ai pris ma carte à 17ans on m’a expliqué que le parti fonctionnait en cellules puis en section et qu’il y avait un lien permanent entre l’élu (désigné par la section pour porter les idées de la majorité) et les militants devant lesquels il devait expliquer sa prise de position et les difficultés rencontrées pour mener à bien un projet. Je croyais en cette façon de fonctionner. Je n’ai jamais rencontré aucun élu à part certains maires et  Suau qui respectent ça.
Quand aux quatre élus sortants régionaux  je les ai entrevus dans le midi libre ou ils annonçaient leur soutient à monsieur Frêche. Etre élu devient un métier. J’espère au moins que mis à part ces 4 là, les autres cotisent et reversent comme il se doit au moins…
Ah ils nous en on fait avaler des couleuvres !

 

Pour conclure :

 

Moi, je milite tous les jours en essayant de donner espoir aux gens et de leur démontrer que le changement est possible, qu’il ne faut pas tomber dans le « tous pourris » (eh oui, c’est d’actualité), que le PS n’a de socialiste que le nom... A un âge naïf mais plein d’espoir vous comprendrez que ce désistement sur lédignan (et je ne parle pas du camarade FDG Mohamed  Bouklit sur le canton Montpellier 9 lâché par la direction héraultaise du parti qui préfère appeler à voter pour le candidat socialiste au second tour) a fini de m’assassiner.
Fatigué de perdre ma dignité avant et après chaque second tour,
Fatigué de sacrifier mon temps et ma jeunesse pour être trahis,
Fatigué de salir cet idéal si merveilleux qu’est le communisme !
J’ai décidé de quitter ce Parti qui est si peu fidèle à ses mandats et si peu courageux devant les enjeux de la société que moi et ma jeunesse voulons construire.


Julien Forestier, 24 ans…et déjà ex-membre du Parti Communiste Français, dommage !

 

P.S : Je suis vraiment désolé pour mes secrétaires et camarades de section, mais je veux vous dire que je ne vous vise pas du tout dans cette lettre, que je ne vous fais pas un bébé dans le dos… Mais que, tout simplement, je ne me reconnais pas dans ce parti

Publié dans Réactions

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