AG des communistes gardois (intervention lue)

Publié le par Section de la Gardonnenque du PCF

ASSEMBLéE GéNéRALE DES COMMUNISTES DU GARD

DU JEUDI 1er AVRIL 2010

CONTRIBUTION DE LA SECTION « GARDONNENQUE »

                 

Chères et chers camarades ;

 

         Les communistes de la section de la « Gardonnenque », réunis en Assemblée Générale le samedi 27 mars dernier, ont souhaité porter aux débats de ce jour la présente contribution.

        

Dire ici : Nous ne reviendrons pas sur l’analyse des résultats dans leurs globalité (Gifle à la droite, F.N inquiétant, Abstention qui doit nous interpeler sur la désespérance et le renoncement…) Dire que tout ceci figure dans le texte complet de notre contribution

 

         En ce qui nous concerne, nous membres du Parti Communiste Français, avons longuement analysé les problématiques de notre société qui, par quel que bout qu’on les aborde nous mène à la seule et même profonde cause du malaise de notre société : Nous voulons dire LE CAPITALISME ! C’est pourquoi, il y a maintenant plus d’un an, lors de notre 34ème congrès, nous avons eu le courage de ne pas abandonner la bagarre idéologique. Ainsi, ce n’est pas le choix du renoncement qui a été fait alors, mais celui volontariste de rupture (plus que jamais) d’avec le capitalisme en décidant de nous rassembler avec celles et ceux qui partagent les mêmes ambitions. Nous devons rester fiers de ces choix, et des mandats de congrès qui en ont découlé, qui nous portent désormais et qui ne sauraient en aucun cas être remis en question. Il s’agit donc bien d’analyser notre démarche passée, présente et à venir sous l’angle politique du « Avoir des élus, OUI mais Pour quoi faire ?».

 

         De même que c’est avec, dans nos esprits, cette indispensable questionnement, que nous devons analyser nos résultats obtenus lors des présentes élections régionales ainsi que l’obligation qui est désormais faite aux médias de parler enfin de nous, alors qu’ils nous ont scandaleusement ignoré tout au long de la campagne. A l’évidence, les scores obtenus par les listes « Front de Gauche » (élargis ou non d’ailleurs) montrent un ancrage d’une force porteuse de transformation sociale désormais bien présente, très construite, et enfin reconnue dans notre pays. Réaliser des résultats qui confirment dans nos régions la dynamique qu’a pu créer le « Front de Gauche » aux Européennes, et ce tout juste 9 mois après, doit bien nous faire mesurer à quel point les choix que notre Parti a fait il y a un peu plus d’un an étaient fondés.

Nous devons pour le moins nous y sentir confortés !

 

         En Gardonnenque , par exemple, grâce à un énorme travail de terrain (car cela a été notre seul outil) et grâce au temps donné sans compter par les militants que nous sommes, nous avons su apprécier le maintien au-dessus de 10% de notre liste sur les cantons que couvre notre section, et nous sommes éminemment convaincus que l’on doit poursuivre cette même dynamique qui nous porte de plus en plus (à l’image du vote à 93%, qui a eu lieu dans notre section samedi dernier en ce sens).

 

         Sur les résultats de la liste « A Gauche Maintenant » à présent ; si le score de 8,6% est certes très honorable, nous ne pouvons pas faire l’économie de l’analyse du pourquoi de notre absence au second tour, car cette perspective était bel et bien envisageable et aurait considérablement changé la donne en Languedoc-Roussillon.

 

         En Gardonnenque, nous y voyons 3 raisons majeures :

Dire ici : Nous ne reviendrons pas sur les 2 premières qui ont été ou seront évoquées à savoir 1) Frêche, raciste, populiste, victime de paris… Sarkozyste siphonnant à droite et 2) La peau de banane des instances nationales du P.S via Mandroux envoyée au mur en dernière minute pour annihiler la seule alternative à gauche que nous notre liste représentait… Nous partageons ces analyses !

Mais, nous souhaitons surtout évoquer ici, entre communistes, les responsabilités que portent un certain nombre de membres de notre propre parti : Il nous a semblé, à plusieurs reprises, que ce point de l’analyse s’avérait plus délicat à aborder. Pour nous, non seulement il n’en est rien, mais il s’agit là d’une problématique, profonde et incontournable que notre Parti se doit de prendre à bras le corps car, à défaut, il nous en coûterait énormément, et ce à très court terme, tant sur la crédibilité de notre démarche, que sur la question du respect de nos mandats. Mais au-delà… Il en va de l’avenir de la dynamique « front de Gauche » au plan National et de celui de notre propre Parti.

                   Parlons-en donc ! Il y a eu, dans notre région et dans notre département, des comportements d’un certain nombre d’élus de notre Parti qui doivent être explicités, analysés sur le fond, vigoureusement dénoncés et solennellement condamnés, sinon de telles attitudes personnelles irresponsables et/ou délibérées risquent fort de se répandre dans tout notre Parti et par là-même, contribuer aux « tous pourris » et discréditer pour très très longtemps, auprès des citoyens, l’idée qu’un « Front Populaire à vocation Majoritaire » puisse voir le jour dans notre pays.

         C’est pourquoi, nous considérons, dans un premier temps, que les quatre élus régionaux sortants de notre Parti qui ont fait le choix de partir sur la liste Frêche ne peuvent plus se revendiquer d’appartenir au Parti Communiste Français. Ces 4 personnes, pour des raisons purement carriéristes ont préféré sauver leurs strapontins et ont sciemment tourné le dos à l’immense majorité des communistes qui se sont exprimés dans nos sections, puis dans nos fédérations. Ils ont également fait fi des délibérations quasi-unanimes de notre conférence régionale de Balaruc. Nous avons alors demandé leur exclusion lors du Conseil Départemental qui s’en est suivi, mais cette demande a été rejetée.

         Par la suite, les médias s’en sont fait leurs choux gras et pire encore, ces personnes, toujours au PCF ont utilisé le fichier des camarades de notre Parti pour appeler à voter et à faire voter pour la liste Frêche (leur liste donc), et ce dès le 1er tour.

         Ce faisant, ils ont semé le doute, ils ont contribué à affaiblir notre liste et pour finir, ils ont tout simplement trahi nos mandats (qui, pour l’instant encore, restent les leurs.

         Je rappelle, en effet, que lors du congrès départemental de notre Parti, qui s’est tenu les 28 et 29 novembre 2008 à Nîmes, nous avons adopté dans la 3ème partie de la base commune, et ce bien évidemment en lien avec l’esprit du texte autour du rassemblement à la gauche de la gauche, l’amendement suivant (page 21, §1, ligne 1028) : « Présenter et faire élire nos candidats chaque fois que la situation politique correspond aux choix des communistes ». A l’évidence, la situation politique ne correspondait pas aux choix des communistes, il ne s’agissait donc pas de « nos » candidats. Mais qui étaient-ils alors ? De notre point de vue, puisqu’ils ne peuvent plus se revendiquer de notre parti, et puisque courage et dignité leur manquent pour le quitter d’eux-mêmes, aidons-les à franchir ce pas.

         En Gardonnenque (avec encore un vote à 70 % lors de notre assemblée générale de samedi) nous maintenons notre demande d’exclusion de ces personnes qui n’ont plus rien à faire dans notre Parti sinon tenter encore et encore d’en affaiblir les ambitions.

 

         Mais ce n’est hélas pas tout ; puisque il est désormais acté qu’un certain nombre de nos élus départementaux et locaux ont refusé de soutenir la liste « A gauche maintenant » et pour le moins évité d’en mener la campagne. Il suffit pour le prouver de regarder attentivement les résultats anormalement bas de notre liste dans des municipalités où l’Historique de ce qu’ont toujours contenu les urnes montre l’édifiante et terrible vérité de ce qu’il s’y est déroulé le 14 mars dernier.

 

 

 

         Bien que ces élus ont été minoritaires (en comparaison de ceux qui se sont investis sans compter dans cette campagne pour notre liste et en qui nous voulons ici renouveler notre confiance sans faille en la conjuguant au présent et au futur), il reste que, cerise sur le gâteau, une odieuse manipulation s’est produite dans ce département au surlendemain du premier tour puisque, tandis que la veille, notre Conseil Départemental se prononçait (à l’unanimité moins 2 contre et 1 abstention) pour « ne pas donner de voix à la droite, ni au FN, ni à FRÊCHE », des camarades élus ont activé des réseaux en parallèle des instances de leur propre Parti pour faire signer, par 105 autres élus, dont 43 du PCF (36 municipaux et 7 conseillers généraux) un appel clair au vote Frêche pour le second tour.

 

          Ces Elus Communistes là n’ont pas, eux-non plus, respecté les mandats de notre 34ème congrès, puisque là encore, notre congrès départemental avait adopté un amendement dit « Conception du Communiste Elu » (3ème partie, page 21, §1, ligne 1030).

Dire ici : Ce long § que notre section avait proposé et qui a été adopté dans le gard est joint à notre contribution écrite complète : Il y est question des échanges que le Communiste élu se doit d’avoir avec les instances à tous les échelons de son Parti que ce soit pour Dire ses problématiques d’Elus, tout autant que pour défendre et respecter les orientations politiques de son Parti…

 

         Que penser dès lors, au-delà du non respect immédiat et à la lettre de ce mandat, de l’attitude de ces camarades, qu’il s’agit là d’erreurs ?, de malentendus ?... Pour un certain nombre OUI, c’est certain, mais pour d’autres, NON, c’est certain aussi !

         Il s’agit bien là de choix délibérés de leur part, car qui peut croire encore que diffuser ce genre de liste par voie de presse avant d’avoir consulté la Fédération de son Parti tient de l’ordre de l’oubli ???

         Non, il s’agit bien là de différents politiques majeurs, qui durent depuis trop longtemps maintenant et que nous ne devons plus faire mine d’ignorer désormais. Oui, camarades, il y a bel et bien urgence à traiter de cette question, car, contrairement à ce que puissent encore en penser (en toute bonne foi d’ailleurs) beaucoup d’entre nous : Ignorer le problème par le mépris, considérer que « ceux-là » se sont naturellement écartés de notre Parti puisque politiquement en désaccord avec nous revient à commettre un faute d’analyse majeure. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à lire le Midi Libre du 24 mars dernier où, l’on apprend que dans sa très difficile position de médiateur, le héros et très magnanime Président de notre groupe au Conseil Général a généreusement « sauvé le soldat SUAU » en lui rendant la délégation que le méchant Alary lui avait ôté. Heureusement qu’il était là, celui qui désormais n’a aucune vergogne à se présenter en grand rassembleur des communistes gardois, de Boré à Suau. Il est au PCF et ne risque pas de le quitter, celui qui, dans le même article, se pose en pacifiste contre « l’anathème » dont nous serions responsables, celui qui caricature notre démarche de Front de Gauche en nous démarquant dans une radicalité qui fait froid dans le dos. Mais qu’est-il donc en train de faire avancer comme perception de la politique cet élu qui se dit de notre Parti, sinon l’évidente idée du renoncement à une alternative aux actuels choix de société dont nous, et nous seuls, sommes porteurs ? Et pourquoi le fait-il, sinon pour laminer notre crédibilité et nos forces, sinon pour bâtir ce fameux parti démocrate à l’Américaine que vient justement de proposer la veille son candidat et mentor de toujours Georges Frêche qui, de ce fait, remet en selle S. Royale (ou D.S.K) pour 2012.

         Sur cette question, et après un vote très majoritaire samedi, nous sommes mandatés pour que Patrick Malavieille (Président du Groupe au Conseil général et récemment auto-proclamé rassembleur des communistes, bien qu’ hélas absent aujourd’hui) vienne expliquer ses positions lors du prochain Conseil de notre Fédération. (Nous en profitons pour saluer ici et soutenir, au passage, l’engagement sans faille et le travail sans compter dont notre Fédération n’a cessé de faire preuve depuis notre dernier congrès pour en décliner le sens et en donner les cohérences dans notre département, à l’image de l’engagement personnel dont notre secrétaire départementale Martine GAYRAUD a su remarquablement incarner lors de la campagne, et ce, malgré les difficultés que l’on sait).

         Mais pour en revenir, camarades, jusqu’où allons-nous laisser les vers détruire le fruit que nous avons fait pousser, et qui, mieux que nous peut oser se prétendre du rassemblement des communistes et de toutes les forces de gauche qui se reconnaissent dans le fameux « pour quoi faire » évoqué plus haut ? Non, camarades, ne sous-estimons pas la nocivité que peuvent produire, partout en France, de tels individus sur nos capacités à convaincre de la possibilité d’une alternative au capitalisme, dès lors qu’ils apparaissent encore comme élus de notre parti et incontournables acteurs dans celui-ci.

         Aussi, nous souhaitons vivement que la discussion ait lieu entre les représentants de notre Parti que constituent les membres des CD pour les départements (les membres du CN au plan National) et les quelques camarades de ce tonneau-là, afin de prendre toute la mesure de nos divergences, d’en acter les inévitables conséquences et ainsi de pouvoir aborder en toute sérénité la question des toutes prochaines échéances électorales (Cantonales et législatives par exemple). Il en va de la lisibilité et de la crédibilité de notre démarche par la population !

 

         Car, comme le dit Marie-Georges BUFFET : « Nous réfutons l’idée de fracture » ou de grande division dans notre Parti, car, sinon, ce serait dénigrer le choix des camarades et, à travers eux, le respect de notre démocratie interne.

         Mais c’est vrai qu’il en est, pourtant bien peu nombreux parmi nous, (mais encore parmi nous) qui l’appellent de tous leurs vœux cette rupture d’avec leur Parti, cet abandon de l’espoir qui nous pousse, nous : immense majorité de leurs Camarades. Cette rupture, synonyme de renoncement aux idéaux que nous portons tous à bout de bras ! Non, nous ne pouvons tolérer plus longtemps leur irresponsable (voire calculatrice) tentative de casse de nos espérances communes.

         Aussi, pour ceux-là, pour illustrer notre propos et pour terminer, quoi de mieux que de citer et rendre hommage du même coup, à notre ami, voisin et camarade jean Ferrat qui n’a, quant à lui, jamais renoncé…  Et qui disait, comme nous, que :

« C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente, sans idole ou modèle, pas à pas humblement… ».

 

         Mais qui surtout affirmait sous Mitterand après 1983… :

« La porte du bonheur est une porte étroite,

Qu’on ne nous dise plus que c’est la porte à droite,

Qu’il ne faut plus rêver et qu’il est opportun,

D’oublier nos folies d’avant 81 ! ».

Nous vous remercions de votre attention

Publié dans Elections régionales

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